Variante 15
( Courriel Dim 16
déc 2007 07:22:50 US/Pacific )
Quelques
neiges s'étaient écoulées et la lune de
feu avait déjà commencé son cours. Le
ciel annonçait une magnifique journée
bénie par les Cieux. M'étant réveillé
avant le lever du soleil, je partis dans la forêt pour
me recueillir. Les arbres m'offraient un univers calme et
apaisant. Assis sur la mousse d'un rocher, je prêtais
l'oreille au ruissellement de l'eau. Je repensais aux
malheurs qui nous avaient touché, Atala et moi, et à la passion qui nous
unissait. Je sentis une larme sur mon sein.
Les rayons du
soleil chassaient la nuit quand je rencontrai, sur le chemin
de mon foyer, le Père Aubry. L'âge de l'homme de paix
l'empêchait de se séparer de son bâton.
Il s'arrêta en m'apercevant. La croix attachée
à son cou m'éblouit par sa beauté. Je
l'invitai à partager le repas avec moi et il accepta.
Après une courte marche, nous arrivâmes
à ma cabane par un sentier dessiné par des
fleurs de jasmin. L'odeur nous enivra de plaisir. En
entrant, le bonheur tant recherché jadis m'envahit.
Atala préparait un gâteau
de maïs tandis que mes deux fils jouaient autour de la
table. Le père
Aubry voyant le
bonheur installé dans ce doux lieu, remercia
Dieu pour cette joie partagée
de tous. Je bénissais le Seigneur pour avoir rendu ma femme bien-aimée
féconde à deux reprises. Le gâteau cuit,
nous nous installâmes à table. Le repas servi,
nous fîmes une prière de remerciement à
notre Dieu
si généreux pour cette nourriture
abondante.
Après
le repas, Atala
s'occupa de notre fils, Simali, âgé de dix-huit lunes. Elle
me porta un baiser tendre. Mon fils aîné,
Assali, âgé de
sept chutes de
feuilles, et
moi-même accompagnâmes le Père Aubry au Village de la Mission. On y arrivait par une
allée de magnolias et de chênes verts qui
bordaient une ancienne route. Nous découvrîmes
le village, situé au bord d'un lac, au milieu d'une
savane parsemée de fleurs. Au pied de la grande
croix, la foule accourut en nous apercevant. Le serviteur de
Dieu commença la prière.
Sa voix douce berçait mon coeur.
Accompagné de mon fils, je quittai
avec regrets le vieux Solitaire. Nous allâmes aux champs de
blé pour accomplir nos tâches agricoles. A
l'aide de faucilles, nous coupâmes le blé. La
récolte serait entreposée dans des greniers
communs et le fruit de notre labeur serait ensuite
partagé avec égalité avec nos
frères chrétiens. Pendant ce temps,
Atala remplissait les tâches
domestiques et s'occupait avec amour de notre foyer et de
notre progéniture.
Le soleil
couché annonçait la fin de la journée
et mon fils et moi-même décidâmes de
rentrer à notre foyer, après une
journée de dur labeur. A la cabane, le repas
préparé avec amour était
déjà servi sur la table et n'attendait que
nous. Nous étions heureux, nous portions à nos
enfants un amour inconditionnel.
René, je te souhaite de connaître le
bonheur que j'ai pu vivre. Cette journée qui peut
sembler banales à tes yeux n'est que le reflet d'une
vie simple mais heureuse. La passion qui nous unissait
Atala et moi-même était
impérissable et n'était le fruit que d'une
singulière destinée.
Ou
Wristal Edavet
Variante 16
( Courriel Dim
16 déc 2007 08:48:46 US/Pacific )
Quelques
soleils et quelques lunes après notre mariage,
prestigieuse cérémonie composée de
différentes coutumes unissant notre famille, nous
eûmes beaucoup d'enfants. Nous commencions une vie
stable et occupée au sein d'une grande tribu. J'avais
alors présente à l'esprit une image du
passé... Je me remémorai les belles paroles du
Solitaire qui me ravirent au moment
où celui-ci les prononça. Jadis,
j'étais chasseur, pêcheur, errant, oisif et,
désormais, je suis laboureur, occupé... Notre
mission éducative en tant que parents est de partager
notre culture, notre mode de vie, nos coutumes,
différentes entre les deux civilisations qui nous
lient, au sein de la famille.
Après
que la lueur ordinaire de l'aurore eut interrompu mes
nombreux songes, Atala
réveilla toute notre progéniture. Pendant ce
temps, j'étais sorti couper du bois. Revenu de cette
quête, je déposai ma hache près de la
porte... Dans la cuisine, tous nos enfants fort bien
éduqués étaient assis à
table :
«
Mère,
pouvez-vous me donner le beurre ? ... S'il vous
plaît.
- Voici mon
enfant ! N'oubliez pas de bien vous habiller et de vous
recoiffer pour aller prier !
- Bien,
mère ! »
A ces mots,
tous les petits obéirent sans rechigner. Ils
respectaient leur mère et prenaient exemple sur
elle : ils se consacraient à la religion
chrétienne.
Nous vivions
dans un village chrétien, tranquille. Une minuscule
forêt entourait notre foyer, placé non loin du
centre. Pour Atala
et moi, la nature est importante. Elle symbolise l'endroit
de notre rencontre, celui de ma naissance et de celle
d'Atala. Enfin, la nature est essentielle
pour l'éducation de nos enfants.
Pendant le
temps de prière, je remerciais Dieu
pour notre paisible vie...
Notre petit
foyer était comme toutes les maisons. A chaque saison
chaude, certaines parties de la maison devaient être
rénovées. La maison, calme, était
composée de cinq parties : la pièce
à fourneau, le séjour, la salle de bains, la
chambre des enfants et la nôtre. Cette hutte de
sédentaire était bien organisée.
Nos sept
merveilleux enfants étaient proches les uns des
autres. La cadette venait de naître, elle s'appelait
Crépuscule. L'aîné se nommait
Octave, il avait dix ans. Les quatre
autres, Aurore, Jade,
Anémone, Andreas, prenaient exemple sur leur grand
frère.
Je pensais
alors au passé et au présent qui aurait pu
être différent. Pourtant la vie de
sédentaire était beaucoup plus agréable
que le temps où je fus prisonnier.
Nous
rentrâmes. Après une grande période de
silence, les enfants excités jouèrent dans la
petite clairière qui encerclait notre
maison :
« Mon cher Chactas, je suis heureuse de l'éducation de
nos enfants. Et j'aimerais t'annoncer que dans un mois,
notre famille s'agrandira.
- Quelle
heureuse nouvelle ! Je suis fier aussi de nos six
premiers enfants. J'avoue que je suis heureux, très
heureux ! »
Atala
se précipita dans mes bras... Nous nous
étreignîmes. Etre père remplissait ma
vie de bonheur. C'est la plus belle chose que la nature et
Dieu ont pu m'offrir.
Les
tâches agricoles, les devoirs domestiques,
l'éducation des enfants remplissent ma vie et celle
d'Atala d'une émotion magique.
Partager ces deux
civilisations, chrétienne et indienne, ouvre mon
esprit au monde, à la nature, au respect des coutumes
d'autrui.
Les moments
difficiles de ma vie se sont effacés. Je ne suis plus
prisonnier d'une personne mais d'un foyer. C'est une
amélioration pour ma courte existence.
Jenni
OLAMOR
Variante 17
( Courriel Dim 16
déc 2007 11:11:05 US/Pacific )
"Plusieurs
printemps s'étaient écoulés depuis
qu'Atala et moi avions reçu la
bénédiction nuptiale du Solitaire, sous le chêne, près de la
rivière. La fille de Lopez
était désormais mienne, et nous vivions, avec
les fruits de son sein, dans une hutte, toute proche de ce
grand arbre.
On pouvait
déjà voir le soleil à travers les
branches, et les feuilles danser sous le chant du vent.
Marie et Parak
dormaient encore, tels des petits anges, près de leur
mère. Dès qu'ils eurent ouvert les yeux, ils
demandèrent à aller voir le père Aubry. On ne l'appelait plus le
« Solitaire ». En effet, mes enfants
l'aimaient beaucoup et se rendaient si souvent dans sa
grotte qu'il ne trouvait que peu de temps pour la
prière et la solitude. Marie
était bien plus curieuse que son frère, et le
père
Aubry se plaisait
à répondre à toutes ses questions sur
la vie, la religion et la nature. Il leur inculquait des
valeurs indispensables, leur expliquait les méfaits
de la vie et les conduisait sur la route du bonheur et de la
vertu.
Pendant ce
temps, Atala
était, avec les autres femmes à la recherche
de champignons. Je la cherchai pour passer un peu de temps
avec elle. Depuis le lever du soleil, nous n'avions
passé que quelques minutes ensemble. Je la trouvai
non pas entourée de ses amies, mais assise contre un
arbre, la tête penchée vers le sol. Je courus,
ne sachant pas ce qu'il se passait. Atala
s'était relevée en entendant mes pas sur la
mousse moelleuse de la forêt. Elle m'apprit qu'elle
avait longtemps prié pour que la famille accueille un
nouvel enfant ; Dieu
avait accompli son rêve. Je sentis un vif bonheur
m'envahir et je pris Atala
dans mes bras, la serrant contre mon cÏur avec tout mon
amour.
J'allai chez
le père
Aubry pour lui
annoncer la bonne nouvelle. Je le trouvai assis au milieu de
la grotte, entouré de Marie
et Parak qui jouaient avec le bâton
de l'homme et se le lançaient. Lorsqu'ils me virent,
ils cessèrent leur petit jeu et vinrent me
saluer.
Les enfants
apprirent la nouvelle et décidèrent
immédiatement de fabriquer, de leurs mains, un lieu
pour héberger le futur nouveau-né. Je les
emmenai dans la forêt plus profonde, où ils
trouvèrent des herbes hautes, ainsi que de
magnifiques fleurs, pour couvrir la toile qui serait
tissée pour le bébé.
Nous
allâmes tous retrouver Atala, pour déguster le repas qu'elle
avait confectionné. La prière de
bénédiction fit place à la joie et aux
rires des enfants. Des chants indiens ponctuèrent la fin du repas. Quand
ils eurent fini, Atala
proposa un bain dans la rivière ce qui ravis les
enfants. Ils aimaient plus que tout se mouiller, et s'amuser
avec les fruits de la nature. Lorsqu'ils revinrent, les
flammes mouvantes du feu emplissaient la hutte d'une
lumière dansante et éblouissante.
Lenola
FILOUHROIN
Variante
18 ( Courriel Dim 16 déc 2007 11:58:21
US/Pacific )
<< Au
quatrième soleil du mois des fleurs, un jour de
canicule, nous recherchâmes un abri où
établir notre merveilleuse
progéniture.
Là,
sous les mousses de cèdres, mon ami Fero et moi montâmes une hutte, à
dix-huit branches du Lac Erié.
J'admirai
alors la chevelure d'Atala, qui récoltait délicatement
des feuilles d'eucalyptus et les disposait en
éventail sur les nattes de cèdre encore
marquées par des plis du voyage.
Quelques
ombres plus tard, Atala
posa avec grâce le livre du Tout-Puissant sur une branche épaisse de l'arbre
à Papaya. Ma douce vint s'asseoir à mes
côtés, et nous observâmes nos enfants qui
s'ébattaient en s'éclaboussant dans l'eau
scintillante de la source et jouaient avec les
Génies de
la nature.
Ô
René ! Comme nous étions heureux ! Ma
dulcinée me murmura des douceurs, nous regardions
Mila, Liso
et Outalissi courir, et nous pensâmes au jour de
notre Promesse :
<< Ce
jour-là, le Grand Prêtre prononça la
bénédiction nuptiale sous un chêne, puis
il nous prit la main. Nous étions alors de jeunes
époux, assoiffés de connaître les
plaisirs d'une vie sédentaire et le bonheur. Il
conduisit ensuite le cortège vers le désert.
Nous y fûmes établis en solitaires quatre lunes
durant. De là-haut, les Anges
nous protégeaient... L'Époux Divin veillait sur nous. >>
À
l'heure du repos des rossignols, moi, digne fils
d'Outalissi, je partis chasser vers le Lac Ontario. Je croisai des élans, laissant mes
traces dans le limon des sentiers humides ; je cueillis un
amas de mauves pour Atala
et lui ramenai un castor pour ses tricots de
fourrure.
Je me
réjouissais aussi de l'absence des Chéroquois dans ces lieux incertains et
pensais aux tortures immorales infligées par ces
derniers au bon
Père Aubry.
Et,
grâce à l'aide providentielle des
Bienfaisants, je portai aux miens trois
chevreuils.
J'entrai dans
la cabane, guidé par le doux murmure mélodieux
d'Atala. Le regard brillant de mon petit
Liso illumina mon cÏur. L'âme
florissante, je rassemblai alors des lianes sèches et
allumai un feu. Ma bien-aimée, volant avec
féerie vers la source lumineuse, prépara des
galettes de maïs et cuisina des gâteaux de
riz.
Un temps plus
tard, sous le chêne majestueux, je siégeai au
milieu de mes proches, attablés autour d'une pierre
grossièrement taillée en guise de table. Nous
goûtions ainsi à la vie, bercés par le
léger chant de la brise caressant les
feuillages.
Sous la grande
nue étoilée, ma douce, fille du guerrier
Simaghan, et moi, nous reposions, heureux
de notre vie sereine et paisible, savourant notre bonheur
rythmé par les ferventes oraisons divines.
Ô
René, vois mon passé comblé ! Je
me languis des fleurs, du soleil de ma vie ! ...
>>
Clio
Del Gotti
Variante
19 ( Courriel Dim 16 déc 2007 11:36:10
US/Pacific )
Tu ne pourrais
comprendre, mon fils, la joie que m'apportait cette
vie ; je me souviens par exemple de ce jour où,
bien avant l'aube, je fus éveillé par les cris
plaintifs de notre petite fille, Maria, qui n'avait vu passer que deux chutes de
neige. Notre petit ange s'étant
réveillé signifiait par ces bruits son
mécontentement de ne trouver personne à ses
côtés. Alors que ma si belle épouse s'en
allait s'occuper d'elle, je m'étirai mollement dans
notre lit, profitant simplement de la douceur des draps, de
la chaleur d'un foyer, et du silence paisible,
entrecoupés des sons des tâches quotidiennes.
Mon état d'hébétude bienheureuse fut
troublé par un concert de rires, de cris et de bruits
de course, suivi peu après d'un aboiement sauvage et
d'une chute de deux masses sombres sur moi. Tentant de
m'extirper de cette bataille, je criais :
« Lopez !
Outalissi ! » Mes deux fils portaient le nom de mes
deux pères. Les deux galopins se calmèrent et
se mirent aussitôt à m'assaillir sous un flot
de questions.
« Père peut-on aller chasser ?
Pêcher ? S'il te
plaît !! » Me remémorant l'une des
promesses que je leur avais faites, je leur accordai le
droit de m'accompagner pêcher.
Après
des préparatifs écourtés pour cause de
l'excitation de mes deux jeunes fils, nous partîmes
tous les trois pêcher au fleuve qui coulait au milieu
de la forêt. Et quelle magnifique journée ce
fut-là ! René, peux-tu imaginer juste un instant, le
bonheur enivrant de rester toute une journée en paix,
assis simplement sur le sol, attendant une prise, tout en
surveillant les enfants, vite lassés de cette
monotonie et courant dans tous les sens. Je me souviens
encore des rires, de mes fils à la prise du premier
poisson, et de leur fierté à l'accueil que
leur fit Atala
à notre retour. Ma jeune épouse, riant et les
félicitant, leur promit moult récompenses, un
bon repas, une friandise.
Le soir, tout
en berçant Maria, douce comme sa mère, je regardais
le soleil embraser l'horizon et sentais une
sérénité sans pareille m'envahir,
là... j'étais bien.
Au bout de
certaines années, l'ennui avait pris quelques jeunes
âmes, découragées par la monotonie calme
de ce quotidien, mais pour Atala
et moi-même, après notre exil et notre errance
en solitaires, la saveur de cette tranquillité et la
promesse d'un avenir commun heureux suffisaient
amplement...
William
Pannog
Variante 20
( Courriel Dim 16
déc 2007 11:40:37 US/Pacific )
Cela faisait
cinq printemps que nous étions installés au
village de la mission, auprès des Indiens vivants sous la protection du
père
Aubry : les
Néophytes.
L'Ermite nous avait attribué un lopin de
terre où nous avions établi notre vie, une vie
sédentaire à laquelle nous nous
accoutumâmes très vite. Nos journées
étaient rythmées par de nombreuses
cérémonies comme les deux offices quotidiens
du père
Aubry.
Notre plus
grand triomphe, nous l'avions remporté en donnant la
vie à trois descendants de notre père
Lopez. Ils découvraient petit
à petit, la culture naissante des Indiens du village de la misssion.
Nous
n'eûmes pas de mal à les mener sur les voies de
la religion. Ils étaient fiers d'appartenir à
une communauté.
Atala
se magnifiait de lune en lune ; ses cheveux bruns
s'illuminaient, son sourire éclatait et ses yeux
marron pétillaient à la simple vue de sa
progéniture. Nous formions la famille que tout le
village admirait.
Ce jour
là, comme à chaque printemps, nous
fêtions l'anniversaire de notre arrivée. Toute
la mission s'activait ; les vieillards cherchaient le bois
pour le feu, les femmes préparaient les
délicieux mets culinaires qui ont pour coutume
d'être servis aux grandes occasions ; les jeunes,
quant à eux, se chargeaient de l'animation : ils
inventaient des danses et des chants qui rythmeraient cette
journée.
Au moment
où le soleil approchait de son Zénith, tout était fin prêt. Nous
n'attendions plus que le Solitaire qui, pour l'occasion,
célébrait un office grandiose au pied de la
grande croix dressée sur le chemin partant de la
rivière.
Il arriva
vêtu d'un grand drap blanc et lança à la
foule, qui l'acclamait, les quelques mots qu'il avait
prononcés lors de notre arrivée dans la
communauté : << Mes chers Néophytes, il vous est arrivé un frère
et une soeur ; offrons donc le Saint Sacrifice et que chacun y apporte un recueillement
profond, une foi vive, une reconnaissance infinie et un
coeur humilié. >>
La foule se
prosterna et nous pûmes commencer le banquet.
Atala, les enfants et moi nous
installâmes au bout d'une table en rondins de bois
assemblée pour l'occasion. Toute la mission
était joyeuse.
A la fin du
repas, les danses et les chants Néophytes amusèrent la
communauté.
Puis un moment
chargé en émotions, caractérisé
par un silence profond, s'installa : la
bénédiction du père Aubry. Lorsque son discours fut terminé,
la fête reprit son cours, nous riâmes,
dansâmes et chantâmes jusqu'à l'aube.
Chacun, ensuite, alla se restaurer dans son foyer pour
pouvoir aborder une nouvelle journée de travail le
lendemain.
RUNAM
NIGBRE
Variante 21
( Courriel Dim 16
déc 2007 12:16:44 US/Pacific )
D'un commun
accord, nous décidâmes, Atala
et moi, de nous installer en ce doux lieu et d'y mener la
vie sereine et féconde des enfants de la nature
convertis aux vertus d'une vie sédentaire bien
remplie par les tâche agricoles et les devoirs
domestiques propres à tout foyer.
Par une
agréable matinée d'automne ensoleillée,
période de l'année où les magnifiques
déserts du Kentucky se déploient sous nos yeux,
où les savanes s'étendent à perte de
vue et où les pirogues remontent le Meschacebé afin d'entrer dans le lit de
l'Ohio, Atala
mijotait le déjeuner pour toute la famille. Eprise de
passion et d'intérêt, elle répartissait
les épices, les aromates et les condiments entre les
plats dont les différentes senteurs s'alliaient afin
d'embaumer l'air doux et frais de la
clairière.
Au même
moment, Kyrian m'aidait courageusement à charger
sur mes épaules un orignal que nous avions chassé la veille.
Kyrian était l'aîné
de nos fils ; nous en avions deux autres : Mablas et Oscar, trop jeunes pour pouvoir accomplir la
tâche qu'est la chasse. Nous vivions dans une hutte
faite de branchages, au cÏur d'une forêt de pins et de
chênes.
Nous
déposâmes ainsi le gibier à terre,
épuisés et le dos douloureux. A la vue de
l'orignal, Atala
nous félicita de notre conquête et fit
rôtir des filets de la langue de l'animal tout en
examinant s'ils pétillaient dans la flamme afin de
découvrir la volonté des génies.
Atala nous invita ensuite à nous
attabler autour d'une natte de fleurs de papayas et servit
les victuailles.
Avant de
goûter aux différents repas, nous nous
tînmes les mains et récitâmes la
prière qui honorait le dieu des chrétiens et
le remerciant de nous apporter amour, confort et
nourriture.
Nous
dégustâmes, enfin, les mille et une somptueuses
saveurs qui se mélangeaient au monde sauvage de la
forêt ; les colibris étincelants qui
virevoltaient au dessus de nos têtes, les sifflements
des serpents-oiseleurs suspendus aux dômes des bois,
des coups de becs contre les troncs d'arbres, les
craquements des feuilles jaunies pas l'automne sous les
pattes veloutées des animaux, voilà ce qui
agrémentait notre tendre quotidien.
"Mère, je suis rassasié, le
repas que tu nous préparas avec amour fut exquis, je
t'en remercie",
complimenta Oscar, le cadet.
Le repas
achevé, j'embrassai Atala
d'un baiser vigoureux ; nous étions mariés
depuis deux années, à présent : c'est
la plus belle chose qui me soit arrivée.
Durant
l'après-midi, Oscar
et Mablas, patients et agiles,
confectionnèrent des colliers avec des graines rouges
d'azalea. Atala
s'était installée sur le seuil de notre hutte
et brodait des mocassins en peaux de rats musqués
avec du poil de porc-épic, pendant que Kyrian et moi partîmes à la chasse au
castor.
Nous
étions heureux et profitions de chaque moment
passé dans cette atmosphère d'amour, de nature
et de joie.
Cinhlé TONHR
Variante 22
( Courriel Dim 16
déc 2007 12:18:07 US/Pacific )
D'un commun
accord, nous décidâmes, Atala
et moi, de nous installer en ce doux lieu et d'y mener
la vie sereine et féconde des enfants de la nature
convertis aux vertus d'une vie sédentaire bien
remplie par les tâches agricoles et les devoirs
domestiques propres à tout foyer.
Atala
étant enceinte de notre sixième enfant, la
cabane offerte par le Solitaire pour notre mariage commençait
à devenir trop étroite pour ma famille... Je
décidai alors d'emmener mes deux fils
aînés, Mimisiku et Ottacha, chercher du bois pour construire une
nouvelle pièce. Moki,
mon unique fille, tenait à nous accompagner. Nous
partîmes donc tous les quatre armés de tous les
outils nécessaires. En chemin, mes jeunes fils
faisaient rire ma fille. Je fermai les yeux et essayai de me
mémoriser ces rires, plus doux que le gazouillis des
oiseaux au lever du soleil, plus doux que le chant de l'eau
qui tombe de la cascade, plus apaisants qu'une voix
maternelle. Jamais je n'aurais pu imaginer un bonheur aussi
puissant que celui que je vivais depuis mon mariage. Ma
famille était grande et belle, mes voisins amicaux et
chaleureux, le Solitaire nous rendait souvent visite et il
enseignait aux enfants l'amour, le partage et
l'espérance.
Nous
arrivâmes à la lisière de la forêt
un peu avant l'heure du premier repas. J'expliquai à
ma progéniture comment reconnaître l'arbre qui
nous fournirait le bois assez solide pour résister
aux vents et aux pluies de la mauvaise saison. Puis nous
nous installâmes en rond pour manger les succulentes
galettes de riz et de maïs préparées la
veille par ma délicieuse épouse. Ce
déjeuner fut, comme à notre habitude,
savoureux et joyeux. Après cette petite pause, nous
nous mîmes au travail. Moki
cueillait des fleurs pour décorer notre cabane et
elle chantait des chansons pour nous donner du
courage.
Quand je
décidai que nous avions assez de bois, nous
prîmes autant de rondins que nos dos nous le
permettaient. Nous irions chercher le reste le lendemain
avec les hommes du village.
Arrivés
à la bourgade, nous étions
épuisés mais très contents de nous. Les
jumeaux, mes deux derniers fils, étaient en train
d'aider ma tendre Atala
à préparer le dîner quand nous
entrâmes dans la cabane. Les deux frères
inséparables coururent vers nous pour nous chanter la
comptine qu'ils avaient inventée durant notre
absence. Affamés, nous mangeâmes en racontant
des histoires. Les enfants allèrent au lit
après la prière et Atala
et moi rangeâmes la cabane. Puis nous allâmes
également nous coucher...
"
Bonne nuit, ma
tendre femme qui porte mon enfant, que j'aimerai autant que
le hibou aime la lune et que la fleur aime le
soleil...
- Bonne nuit,
Chactas mon amour. "
Billame Bagasch
Variante
23 ( Courriel Dim
16 déc 2007 12:53:51 US/Pacific )
« Quelques années avaient
passé et nous vivions avec nos quatre beaux enfants
toujours au même endroit. C'était une petite
maison simple et accueillante.
Le matin venu,
je me levais et admirais ma tendre épouse qui dormait
encore. Les premiers rayons du soleil éclairaient son
visage paisible. Je déposais un baiser sur son front
et, sans bruit, m'en allais.
Je rejoignais
le champ où je travaillais. Le souffle du vent
faisait onduler les blés dorés. Une belle
récolte s'annonçait. Parfois, lors d'une
pause, il m'arrivait de songer à Atala occupée par les tâches
quotidiennes, ainsi qu'à mes enfants dont les
journées n'étaient que jeux et insouciance. A
ces pensées, je me réjouissais de les
retrouver le soir.
Percevant le
chant d'un oiseau, je tendais l'oreille et de subites envies
de chasse me rattrapaient mais j'aimais ce travail qui,
malgré sa rudesse, me comblait.
Un jour, mon
travail enfin achevé, je retournai chez moi avec
hâte. Au loin j'aperçus Atala
qui semblait rire. Lorsque je fus arrivé, ma
progéniture me fit un accueil digne d'un roi et mon
épouse annonça que le repas était
prêt. L'odeur de la galette juste sortie du four
embaumait désormais la pièce. Nous nous
mîmes à table et, d'une voix assurée, je
déclarai que le moment de remercier le Seigneur était venu.
Après
la petite prière, nous commençâmes
à manger. Nos enfants nous racontèrent leur
journée puis allèrent jouer sur la colline
près de la maison.
J'observais
Atala : sa chevelure, doucement,
se balançait. Elle couvait du regard nos enfants. Je
pris sa main, elle me regarda sans rien dire. J'apercevais
dans ses yeux une certaine satisfaction.
Nous
fîmes quelques pas ensemble, main dans la main. Une
légère brise nous rafraîchissait, en
cette soirée d'été. Au loin, nous
entendions les rires joyeux de nos enfants. Le soleil
dardait ses derniers rayons et une douce lumière
rosée nous envahissait. La nature demeurait
silencieuse.
Sans nous
regarder, nous sentions cet amour qui nous unissait. Depuis
maintenant huit ans, nous nous aimions avec la même
tendresse.
Julia Plousec
Variante
24
( Courriel Dim 16
déc 2007 12:12:17 US/Pacific. Message retrouvé
dans la boîte du Courrier indésirable
)...
Atala
et moi, nous nous mariâmes. Nous fîmes deux
cérémonies, l'une à l'indienne et
l'autre à la chrétienne. Atala avait décidé de perdre sa
virginité. Notre mariage fut un moment magique. Je
venais d'épouser la femme de mes rêves, celle
qui m'arracha à la mort menaçante. Je la
chérirais, l'aimerais et la protègerais
jusqu'à la fin.
Peu
après, nous sommes allés vivre dans un village
chrétien et avons acheté une petite maison
dans les champs. Notre religion aurait pu être un
obstacle à notre mariage, mais ce ne fut point le
cas. Je respectais ses croyances et elle, les
miennes.
Les
journées passées à ses
côtés me rendaient de plus en plus
heureux.
Un jour
d'hiver, nous sommes allés à l'église
pour prier ; c'était un dimanche. Puis nous
sommes rentrés à la maison pour
déguster une bonne soupe aux légumes. Nous
sommes sortis faire une promenade. Nous avons fait une
bataille de boules de neige puis nous nous sommes
allongés et nous sommes enlacés parmi les
flocons blancs. Sur le chemin du retour, nous nous sommes
arrêtés chez nos voisins et avons fini notre
soirée chez eux, autour d'un bon plat. Tard le soir,
nous avons regagné dans notre foyer et sommes
allés nous coucher, près du feu. Atala m'a déclaré :
« je
t'aime... »
Un an plus
tard, ma chère et tendre Atala
m'annonce qu'elle est enceinte. Ce sera un des plus beaux
jours de ma vie.
A la naissance
de notre enfant, Atala
a subi beaucoup de complications et en a souffert mais elle
a donné naissance à une petite fille :
Agatha. La mère et l'enfant se
portaient à merveille. Ce bébé
était le plus beau de tous. Elle avait les yeux et la
bouche de sa mère, le nez et la couleur des cheveux
de son père. J'étais excité à
l'idée d'élever mon premier enfant avec
Atala.
Quatre ans
plus tard, Atala donna naissance à des
jumeaux : Maupassant et Baudelaire. J'étais doublement heureux. Ils
étaient si mignons... Plus les jours passaient, plus
ils grandissaient... Tous les jours, nous leur avons appris
la politesse, le respect, le pardon, la patience et les
règles de notre religion. Ce fut une joie pour moi de
les voir grandir, de les éduquer au jour le jour, et
tout cela auprès d'Atala. Chaque moment de ma vie passée avec
eux a été merveilleux et rempli de bonheur. Ce
que j'ai toujours préféré,
c'était les repas en famille. Discuter avec eux, les
voir manger, heureux, souriants...
Mais il n'y a
pas de moment plus magique que celui où votre enfant
vous appelle : « père... ».
Aujourd'hui,
je suis une personne âgée. Atala et moi avons des petits-enfants. Je l'aime
comme au premier jour. Nos enfants vivent non loin de chez
nous. Les petits-enfants nous rendent tous les jours visite.
Et aujourd'hui, je peux dire :
« Je suis l'homme le plus heureux
au monde... »
D.W.
Variante
25...
( Courriel Lun 17 déc
2007 11:09:11 US/Pacific )
Un de ces
matins, comme je les aimais - j'aime tellement les matins
ensoleillés, débuts idylliques de
lumière et de chaleur- une voix tendre et douce me
réveilla délicatement. Des cris de joie
enfantins se mêlèrent à cette chanson
puis laissèrent place à un brouhaha joyeux. Ma
femme et mes coeurs de fleurs (« bouts de chou » en indien) me sourirent, me prirent
par la main, afin d'aller prier au Chêne vert, un arbre magique, celui qui nous accorda
un leitmotiv de vie plus que désirable (une coutume
indienne dit que chaque famille a un arbre qui la
protège et l'honore). Je priais quotidiennement
Areskoui : il m'offrait courage et
loyauté. Bluesunday, ma fille, ne tarda pas à m'annoncer
la merveilleuse nouvelle. Ce jour-là fut le premier
vent de la lune de
feu !
...c'est-à-dire les trois neiges de Nidorlan, le petit dernier. De plus, les
lumières jaillissantes du gouffre septentrional
indien (équivalent de Noël pour les chrétiens ), approchaient
à grands pas, ce qui amplifiait l'excitation des
enfants.
Bluesunday adorait son petit frère. Tous deux
avaient pour projet de partir chanter ensemble dans le monde
entier et de découvrir les patrimoines occidentaux,
puis de revenir nous conter leurs aventures. Les rêves
de mes enfants me nourrissaient, leur joie de vivre, leur
respect ainsi que leur enthousiasme me
ressourçaient.
Atala
partit chez Rotchy
Ezoulek, le chef de
la tribu, car toutes les femmes devaient participer aux
chants et danses pré-cérémoniales.,
tandis que les enfants rentraient au logis : ils nous
préparaient une sorte de chant antique, qui,
d'après les écrits de Marcos Lavoinesute, soulage l'âme de ses maux
inguérissables, pardonne nos péchés.
Ils cherchèrent l'énergie et la concentration
requise à l'Arbre des Pleurs et du Sommeil... Seuls les enfants sont assez purs et
innocents pour exercer ce genre de pratiques fantastiques.
Quant à moi, je m'exilai à quelques lieues de
là, afin de remercier les dieux de m'être
favorables. Je priai pour Atala, Bluesunday et Nidorlan, en récitant ce vers d'un
poème ancestral qu'Outalemi m'apprit alors que je n'étais encore
qu'un bourgeon : « puisse la tige oblique combler le divin, la
félicité ne tardera ».
Zeth
Naiamo.
Variante
26

A.S.
Variante 27
( Courriel Dim 6 jan
2008 11:32:15 US / Pacific )
D'un commun
accord, nous décidâmes, Atala et moi, de nous
installer en ce doux lieux et d'y mener la vie sereine et
féconde des enfants de la nature convertis aux vertus
d'une vie sédentaire bien remplie par les
tâches agricoles et les devoirs domestiques propres
à tout foyer.
Cinq
années plus tard, je regardais fièrement mon
premier fils, né du sein d'Atala. Il arborait mon
teint bronzé et de belles boucles, semblables
à celles de sa mère, tombaient sur ses yeux
pétillants.
"
Kiliay ! Kiliay !
Mère s'est réveillée, elle va
bien, chanta sa
douce voix. Elle
m'a souri, elle va bien ! "
Ses paroles
apparurent comme un baume apaisant à mes oreilles et
me ravirent. Je m'empressai donc d'aller voir mon
épouse, allongée sur le lit. Une fleur,
posée dans sa chevelure, lui donnait un air
angélique et sa pâleur éclatante ne
faisait qu'accentuer sa beauté. Sous la
dernière lune était né notre second
enfant : Atala en avait souffert.
"
Malheureuse, lui dis-je avec un sourire,
que de frayeurs
vous m'avez faites ! Une peur bleue m'a hantée toute
cette nuit, même notre Dieu n'a réussi à
m'apaiser. Le doute me rongeait j'ai cru que vous n'alliez
pas survivre, et voilà que notre fils court m'avertir
de votre soudain rétablissement ! Serait-ce par
malheur une de ses farces ou est-ce la vérité
? Je vous en prie, ma tendre amie, rassurez-moi
!
- Cessez de
dire pareilles sottises, votre fils ne vous a pas
trompé, je vais mieux en effet. Ne doutez plus de
notre Dieu, il m'a épaulé dans cette
épreuve et a même récompensé vos
prières en nous offrant la plus belle des filles,
regardez la donc ... Hanala est belle comme le jour...
"
Une force
surnaturelle s'empara de moi et quelques larmes, telles des
gouttes de rosée, que je ne pus retenir,
coulèrent le long de mes joues. Je pris l'enfant dans
mes bras et prononçai quelques paroles indiennes de
bénédiction. Atala passa autour du cou du
nourrisson un crucifix. L'émotion régnait dans
la hutte.
Doucement, je
remis l'enfant dans les bras de sa mère et adressai
quelques mots à mon fils.
"
Ô Elenoi ! Jamais tu n'aurais pu connaître de
père plus heureux et de mère plus belle. Sa
pureté innocente nous a valu les grâces de
Dieu, tu ne l'honoreras jamais assez. Va, maintenant, je
serai de retour bientôt. "
Je m'en allai
aussitôt vers la forêt cueillir quelques
trésors susceptibles de nourrir ma bien-aimée
et sa descendance. Pensant à mon passé, je
souris intérieurement et remerciai notre Dieu de
m'avoir permis de jouir d'une telle vie. Je dus m'assoupir
car quelques instants plus tard, je me réveillai en
sursaut. Je crus à un rêve. Rapidement, je
ramassai les fruits de ma cueillette et courus
jusqu'à la hutte : j'y vis Atala, s'occupant de mes
enfants. La table était mise, les grains de
blé attendaient d'être cuisinés.
Et pour la
deuxième fois de la journée, René, mes
yeux devinrent humides. Devant un tableau si pittoresque, tu
pourrais me trouver ridicule, mais levant les yeux au Ciel,
je pus admirer les milliers d'étoiles et je remerciai
encore une fois Dieu d'une prière si intense, qu'il
était impossible de ne pas être
entendu...
Eritau
Senvorms
Variante 28
( Dim 20 jan 2008
04:56:31 US/Pacific )
Nous nous
mariâmes quinze soleils plus tard, à l'aube
d'une belle journée. Le vent soufflait
une légère brise qui entremêlait
les cheveux d'Atala, un sourire céleste suspendu
à ses lèvres et ses yeux remplis de joie.
Le père Aubry nous déclara mari et femme : je
ne m'étais jamais senti aussi heureux de toute ma
vie.
Ce bonheur ne
me quittait pas, même après toutes ces
années. Il était à peu près
une heure avant que le soleil soit à son
zénith. J'entendis des voix qui m'appelaient
:" Papa, papa !
" Je soulevai la
tête du morceau de bois que je sculptais pour regarder
mes enfants. Trois petites silhouettes marchaient dans
ma direction. La première arrivait en courant.
C'était l'aîné, qui a sans le moindre
doute hérité de mon tempérament de
"sauvage". Le second marchait à côté de
la troisième, tenant dans leurs petites mains une
grosse bassine.
Le cadet, lui,
avait en revanche le caractère et les manières
d'un européen. Je reconnaissais dans sa posture les
habitudes de ces régions civilisées. Quant
à la benjamine, celle-ci possédait tous les
charmes de sa maman. Elle avait, dans son regard, la
même expression de douceur et chacun de ses gestes
était si gracieux...!
Les
enfants me montrèrent leurs trouvailles dont ils
étaient si fiers : cinq gros poissons. Je m'empressai
d'allumer un feu. Atala, quant à elle, chercha de
l'eau. Elle avait peu changé, mais la
mélancolie qui la hantait auparavant l'avait
quittée. Après une bénédiction
sur la nourriture, on entama le repas.
L'après-midi fut consacrée
à l'apprentissage. J'apprenais à mes fils
à reconnaître les oiseaux grâce à
leurs chants et à chasser, tandis qu'Atala s'occupait
de notre fille. Puis, nous faisions
généralement de grandes balades, où
nous descendions parfois jusqu'au village pour rendre visite
à nos amis et au père Aubry.
En fin
d'après-midi, nous allions au bord d'une cascade pour
nous laver et nous reposer. Nous cherchions du bois pour le
feu du soir, que j'allumai quelque temps plus tard. Nous
mangions à nouveau autour de celui-ci, puis Atala
racontait une légende indienne ou chrétienne
pour endormir les enfants. Nous les regardions, elle et moi
pendant quelques instants, et nous nous éclipsions
pour profiter de ce moment de la journée qui
n'appartenait qu'à nous. Nous observions les
étoiles et nous nous rappelions notre rencontre, le
chemin tracé ensemble. Puis, nous rentrions dans
notre hutte pour dormir. Je la prenais dans mes bras et nous
nous endormions avec un sourire béat sur les
lèvres. Tel fut notre quotidien tout le long de notre
vie.
L.
S.
A
suivre...
Suites
libanaises 2008 / Suites
libanaises. 2009 / Le
fait religieux dans Atala /
"Couvertures"
d'Atala / Vous
avez dit "sauvages" ?
Du côté des
Amérindiens ( les Hurons du Québec ), la
Nativité
est célébrée dès le 17è
siècle, grâce
à des Jésuites...
Fiches
thématiques : qu'est-ce que
l'INCULTURATION
?... et
l'ACCULTURATION
?
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