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Monsieur,
Tout d'abord, je
voudrais me présenter. Je me nomme Wataka et
suis un indien habitant la ville de Québec.
Je vous écris, car je voudrais vous faire part de mes
réactions après la lecture du Journal de Voyage en Amérique
de Chateaubriand.
J'aimerais
essentiellement exposer mes pensées sur le terme
"sauvages". En effet, cette appellation me semble
péjorative pour moi qui suis un Indien. Mais
qu'est-ce qu'un sauvage, pour vous les Européens ?
Est-ce que, à vos yeux, c'est un être non
civilisé ou peut-être même un animal ? Un
être pauvre et sans culture, qui ne vit que de chasses
dangereuses, armé d'instruments meurtriers ?
Laissez-moi vous dire, Monsieur, que tous ces
éléments, ces exercices continuels d'armes,
que ce soit l'arc ou la hache, ces chasses dangereuses,
celle de l'ours par exemple, font la virilité de
l'homme et nous donnent à nous, les Indiens, quelque
chose de particulier. Ma réaction est assez
négative, car ce terme de "sauvages" que
vous employez est semblable au mot "barbare".
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Mais, d'un autre
côté, lorsque le mot "sauvages" est
employé à propos de la chasse ou des
exercices, ce terme est plutôt mélioratif pour
nous. En effet, on imagine des mâles très
virils, de forte stature, notamment lors de la description
des combats chez les "sauvages".
J'ai beaucoup
apprécié les images qui nous sont
données dans la description
d'événements tels que le mariage ou même
le jeu des osselets. Toutes ces images mettent bien en
relief nos façons de vivre, nos coutumes. Ce que j'ai
les plus apprécié, c'est la façon dont
l'hospitalité chez les "sauvages" est
décrite. En effet, l'hospitalité chez nous,
les Indiens, est une de nos plus grandes vertus. La
manière dont nous accueillons les étrangers
dans les cabanes est bien décrite.
J'aimerais conclure
cette lettre par une dernière phrase. Vous, les
Européens, ne considérez pas les Indiens comme
des barbares. Nous avons nos coutumes, nos façons de
vivre et nos vertus, et c'est ce qui fait de nous des
êtres exceptionnels...
Veuillez agréer,
Monsieur, mes salutations les plus
sincères.
Wataka
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