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LES CORAUX DE LA MER ROUGE

(Histoire vécue)

par C. A. M.

(2ème 2) 1999-2000

Chapitre 1

A peine avais-je posé mon stylo après avoir répondu à la dernière question de mon dernier examen de fin d'année que j'ai commencé à rêver à mes prochaines vacances. J'attendais ce moment avec impatience : l'heure de notre départ pour mon coin préféré dans le monde entier: la Mer Rouge, plus précisément ce petit village d'El Gouna à 23 kilomètres au sud de Hurghada.

Je pensais déjà à la nature de rêve, aux plages sublimes, aux promenades en bateau... etc..., en un mot à la liberté.

Mais pour être plus précis encore, El Gouna occupait une place particulièrement importante dans ma vie, car c'était là que, deux ans auparavant, j'avais fait mes débuts de plongée sous-marine. Cette dernière était devenue ma passion.

Tout avait commencé en janvier 1997, pendant un court séjour à El Gouna avec mes parents pendant le congé de mi-année. Ça faisait déjà quelques années que je les suppliais de me permettre de participer aux cours de plongée, leur réponse était ferme et claire: "Pas avant l'âge de 12 ans."

Cette fois-ci, j'avais atteint cet âge et je ne voulais plus perdre une seule minute.

 

Le lendemain de notre arrivée, je me suis dirigé de bonne heure vers le centre de plongée que je connaissais déjà tellement bien.

Là- bas, j'ai rencontré Raymond, un hollandais, et sa femme Christine, une grecque. Le couple était en charge du centre.

Je me suis présenté et leur ai fait part de mon désir. Après de longues discussions surtout à propos de mon âge, ils ont accepté que je commence les cours dès le lendemain.

Cela consistait en trois jours de théorie, trois jours de plongée en mer sous la surveillance d'un moniteur, bien sûr. Il fallait ensuite passer un examen pour obtenir le permis.

 

Chapitre 2

 

Une fois de retour au Caire, la routine a recommencé, les interminables journées scolaires et les après-midis bourrés de devoirs et de leçons.

Pourtant, quelque chose avait changé en moi, je faisais face à cette monotonie avec plus d'enthousiasme car j'attendais avec impatience le retour à mon coin de rêve en été.

Le mois de février a vite passé, le mois de mars était plus long, pendant le mois d'avril, avec les congés de Pâques, j'ai pu respirer un peu malgré la préparation aux examens de fin d'année. Durant le mois de mai, je n'avais en tête que des théorèmes, des poésies arabes et des leçons d'histoire.

Les examens se sont bien passés, mais pas sans difficultés, typique Jésuite!

Une fois terminés, a eu lieu mon anniversaire. Dès que quelqu'un me demandait ce que je voulais comme cadeau, je répondais toujours: "Du matériel de plongée." J'ai eu un masque, un poignard, des palmes, mais le reste: BCD, régulateur, combinaison, était à des prix excessifs.

 

Dès que je suis arrivé à Gouna, je me suis tout de suite dirigé vers le centre de plongée pour organiser mon programme de la semaine. Raymond, qui m'attendait, m'a présenté à mon instructeur, un certain Hassan, charmant type, ancien élève des Jésuites. Nous nous sommes pris de sympathie dès le premier jour.

 

Chapitre 3

 

Le grand jour est arrivé. Ma mère m'a conduit au centre. Là-bas, j'ai rencontré mon nouvel ami et nous nous sommes embarqués dans un immense yacht à plusieurs étages.

Quelques minutes plus tard nous étions au large. Nous étions supposés faire une des formes de plongée les plus intéressantes, la plongée autour d'épave.

Une fois dans l'eau, j'ai vu ce que personne n'aurait imaginé : un immense navire, complètement intact, autour duquel se trouvaient des milliers de poissons d'espèces différentes: nous avons vu une immense tortue de mer qui pesait au moins une vingtaine de kilos; une pieuvre à huit tentacules à ventouses qui lui servent à attraper sa nourriture; un des poissons les plus étranges que j'ai vus, c'est l'anguille Maray qui aime vivre dans les trous des récifs de coraux. Nous avons senti soudain le "ciel" s'assombrir, deux immenses raies Manta passaient au-dessus de nous. Mais ce qui m'a vraiment impressionné, c'étaient les immenses coraux multicolores, bleus, rouges, mauves... J'ai appris que ces coraux avaient plus de vingt-cinq millions d'années. Je ne pouvais me lasser de les contempler. Je passais des heures à admirer leur forme, leur couleur et, sans me rendre compte, ce merveilleux tableau s'inscrivait dans ma mémoire.

Nous nous amusions, Hassan et moi, à pénétrer dans les cabines du navire et à ouvrir des tiroirs. Peut-être avions-nous, tous les deux, le faible espoir de découvrir un trésor qui aurait coulé avec le bateau.

Il se faisait tard, Hassan m'a fait signe de remonter.

 

Chapitre 4

 

Je m'apprêtais à plier bagages quand soudain j'ai aperçu dans ce calme le plus total un groupe de plongeurs pas loin de là où nous étions. Nous pouvions bien les voir à travers un petit hublot mais pas eux. Je ne sais pas pourquoi, mais j'avais l'impression qu'il y avait là quelque chose de louche.

En fait, comment expliquer le matériel qu'ils avaient, de grosses scies et des caisses qui semblaient faites de métal léger. Chose vraiment étonnante.

Nous sommes restés cloués à notre place sans bouger en espérant découvrir ce qu'ils avaient l'intention de faire. Nous n'avons pas dû attendre longtemps : à notre plus grande stupéfaction, ces bandits se servaient de leurs scies pour découper les coraux et les mettaient soigneusement dans les caisses. A chaque coup de scie, je me sentais si fou de colère que j'ai décidé de les arrêter immédiatement. Et je me suis mis à agiter mes pieds de toutes mes forces sans trop penser à ce qui pouvait m'arriver. Mais, d'un coup, Hassan m'a retenu et m'a empêché de bouger. Il m'a fait signe de rester immobile et d'attendre.

Nous avons assisté à tout le manège qui a duré plus d'une heure. De temps à autre, Hassan examinait nos régulateurs pour s'assurer que notre réserve d'oxygène n'était pas encore finie.

Enfin, ils se sont décidés à s'en aller après que leurs caisses eurent été remplies. Nous avons encore attendu une bonne demi-heure avant de remonter de peur de les retrouver à la surface. Une fois arrivés, Hassan m'a dit son plan.

"Les types vont certainement revenir puisqu'ils ne se sont arrêtés que lorsque les caisses étaient pleines. Il faut prévenir la police immédiatement."

Effectivement, nous nous sommes rendus lui et moi au poste de police et nous avons expliqué au chef tout ce que nous avions vu. Il nous a posé un tas de questions : leur nombre, âge, nationalité, etc... Puis il nous a demandé de l'accompagner le lendemain à la même heure au lieu du délit, nous nous cacherions tous dans une petite barque derrière un rocher pas trop loin de l'endroit voulu.

Cette nuit-là, je pensais à cette histoire et je n'arrivais pas à croire que j'assisterais peut-être à une aventure policière!

 

Chapitre 5

 

Tout se passait comme prévu. Nous nous étions rendus au poste de police, et de là nous avions pris une voiture qui nous avait emmenés au port où deux barques nous attendaient.

Hassan, le chef et moi, avons embarqué dans la première. Cinq jeunes policiers armés dans l'autre. La nuit était sombre et calme. Au bout d'une demi-heure, nous avons atteint l'endroit voulu et nous nous sommes bien dissimulés derrière le rocher.

Hassan avait l'air très anxieux, il craignait que les bandits ne reviennent pas.

Heureusement, notre attente n'a pas duré longtemps: au loin, nous avons aperçu un yacht qui approchait, s'arrêtait... Des plongeurs ont sauté un à un dans l'eau noire et sombre. Nous n'avions plus qu'à attendre.

Une bonne heure a passé avant qu'ils commencent à remonter à la surface. Quand tous ont été à bord, le chef de la police a ordonné à ses hommes d'allumer leurs torches puissantes et, d'une voix forte, il a crié: "Ne bougez pas! Police!"

Nos deux barques ont pris la direction du yacht et en un clin d'oeil les policiers étaient à bord, les armes braquées sur les bandits. Le chef a donné l'ordre à un de ses hommes de fouiller les caisses, et, là, étaient entassés les coraux.

Les criminels ont été menottés, les caisses confisquées et nous avons été conduits à bord. Le chef nous a remerciés et nous a assuré que ces voleurs seraient sévèrement jugés. Et, en plus, nous avons eu droit, Hassan et moi à deux merveilleuses médailles couvertes d'or fin ; sur chacune étaient inscrits nos noms et un petit mot de remerciement.

 

Quelle aventure! Et dire que tout cela était arrivé à ma cinquième plongée! Qui sait, peut-être qu'à ma cinquantième, je découvrirai les trésors du "Titanic"...

 

C. A. M., Le Caire, CSF

 

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