DISCUSSION à l'UNESCO,
à propos de l'entente signée en février
2001
entre la Nation CRIE ( ou CREE
) et le gouvernement du Québec ...
La première session permettra
d'aborder l'accord crucial et controversé concernant les
droits autochtones qui a été récemment conclu au
Canada, entre le Grand Conseil des Cree et le gouvernement du
Québec. Roméo Saganesh, représentant du Grand
Conseil, animera les débats et expliquera les raisons pour
lesquelles les communautés cree sont convenues, en
février dernier, de mettre fin à vingt-cinq ans
d'opposition aux projets de constructions sur le territoire de la
Baie James (nord du Québec).
Depuis 1975, les Cree ont
impulsé toute une série de procédures juridiques
pour interrompre les projets gouvernementaux visant à
développer les infrastructures hydroélectriques dans
cette lointaine région sauvage. Pour les Cree, la construction
de nouveaux barrages mettait en péril l'environnement et
menaçait un mode de vie traditionnel, organisé autour
de la trappe aux castors, de la chasse aux caribous et aux
élans, pendant l'hiver, de la pêche et de la chasse aux
oies, le reste de l'année. La mobilisation des Cree avait
obtenu un très large soutien international, au point de
devenir un symbole pour les peuples autochtones dans le monde
entier.
Pourtant, en février dernier, le
Grand Conseil signait un accord avec le gouvernement du
Québec, au terme duquel les neuf villages cree de la Baie
James recevront 16 millions de dollars cette année, 30,7
millions de dollars en 2003, puis 46,5 millions de dollars par an,
pendant quarante-huit ans. En échange, les Cree s'engagent
à abandonner toutes les procédures judiciaires en cours
contre le gouvernement dans le domaine de l'environnement, ainsi que
leurs demandes de dédommagement pour les projets
d'installations hydroélectriques sur leurs territoires, qui
s'élevaient à 2,4 milliards de dollars. En outre, ils
ne s'opposeront plus aux projets de construction de nouveaux barrages
sur les rivières Eastman et Rupert, qui doivent être
soumis à des procédures d'agrément
environnemental.
Ces nouveaux plans doivent
accroître la production électrique du Québec -
dont l'essentiel est exporté vers les Etats-Unis - de 8 %
environ. L'accord garantit de plus qu'une partie des nouveaux emplois
créés (8 000 selon les estimations) seront offerts aux
Cree qui bénéficieront aussi d'un meilleur
contrôle sur l'exploitation forestière et d'autres
domaines de leurs activités économiques. Soixante-dix
pour cent des Cree habitant la Baie James ont voté en faveur
de cet accord, lors d'un référendum organisé en
février.
Roméo Saganesh exposera les
points clés de l'accord, en particulier la clause qui assure
la participation des Cree aux études d'impact environnemental
pour les nouveaux projets hydroélectriques de la Baie James.
Selon lui, l'accord reconnaît les droits autochtones sur la
terre ainsi que les savoirs traditionnels dans le domaine de
l'environnement. Un représentant du gouvernement du
Québec prendra part aux débats, ainsi que Marie
Roué, du Centre national de la recherche scientifique, en
France, qui a dirigé une équipe de recherches sur les
connaissances écologiques des Cree.