LETTRES DU LOUP

1994 - 95 ...dix ans déjà...


Vittel, le 16 Septembre 1994

Chers Agents de l' ONF,

Je me présente : je m' appelle "Loup", j' habite dans les Vosges et je vous écris cette lettre pour dire que j' en ai vraiment assez d' être embêté, cherché, traqué. Tout le monde a le droit de manger à sa faim et de vivre en toute liberté ! J' ai lu le journal récemment et il est honteux d'écrire tant d' âneries à mon propos : je sais que je suis une star, mais quand même... Alors, j' aimerais que vous arrêtiez, vous et les autres, de nuire à ma liberté: "liberté, égalité, fraternité", ce n' est pas moi qui l' ai inventée, cette devise, n' est-ce pas ? ...D' accord, j' admets avoir dévoré un ou deux moutons, mais vous en mangez bien, vous aussi. J' ai une famille à nourrir, moi...Si vous croyez que je fais cela pour mon plaisir personnel, vous vous trompez. Est-ce que je vous embête, moi, quand vous allez faire les courses à Suma ou Auchan ? Je ne crois pas. Est-ce que je vous envoie des seringues hypodermiques dès que je vous vois ? Je ne crois pas non plus...si vous continuez, je vais raconter à mes confrères tout ce que je sais sur vous et vous aurez une sale réputation, c' est moi qui vous le dis. Plus aucun animal ne viendra sur vos terres... C' est un scandale, je vais vous poursuivre en justice !... Quant à vos moutons, ils n' ont qu' à aller ailleurs, car ce sont de vrais dangers publics : en effet, j'apprenais à mon fils à chasser et nous sommes tombés sur un "mouton piégé"... Résultat : mon fils avait le museau coincé dans une tapette à souris... Je ne comprends pas comment on peut faire tant de mal à de braves petites bêtes !

Le Loup Alexandre

Vittel, le 16 Septembre 1994

 

Chers villageois,

je suis bientôt à vous... Dans très peu de temps, je viendrai manger vos moutons, vos vaches et vous-mêmes. Vous connaîtrez alors la peur et le désastre. Je crois même que je vais emmener deux ou trois copains du voisinage. J' ai déjà parcouru cinq ou six kilomètres en dévastant quelques prairies. Je suis jeune, vif, rapide comme l' éclair et surtout très musclé, donc dangereux. Rien ne sert de courir, je vous aurai, quoi qu' il arrive ; où que vous soyez, je serai là pour vous manger. Mon frère et mes parents ont été tués par la faute de l'homme.

C'est pour cette raison que je suis en colère. Nous, les loups, sommes sages si personne ne vient nous déranger. Ma famille n' est pas la seule à être attaquée : des dizaines d' autres le sont... Si vous continuez à les tuer, je crois que les loups seront les pires ennemis des hommes.

Il n' y a donc plus qu' une seule solution pour vous : soit vous arrêtez ces atrocités, soit vous en subirez les cruelles conséquences...

 

Arnaud le Loup

PS : Si vous êtes d' accord, renvoyez la réponse dans les bois, près du rocher.

Vittel, le 16 Septembre 1994

 

A Messieurs les Bergers,

Premièrement, je mange vos moutons non pas pour le plaisir, mais pour me nourrir. Donc n' appelez pas les chasseurs ni les policiers, mais tout simplement un vendeur de moutons ! Et puis, jusqu' à présent, j' ai évité tous les pièges de l' ONF et de l' ONC...

Au fait, je voudrais vous remercier : je me régale de vos excellentes bêtes !... D' ailleurs, c' est pour cette raison que je possède un corps aussi robuste ; vous avez pu le constater sur le film d' amateur diffusé par la télévision ;

Bon ! Maintenant, je vais vous indiquer mon planning de la journée. Le matin, je me réveille en douceur et je fais mon petit " footing" avant de chasser. A midi, je mange généralement un beau gros mouton. Ensuite, je me repose dans un coin tranquille, le temps d'une longue sieste. L' après-midi, je visite la forêt en gambadant joyeusement et quelquefois je chasse. La nuit, je dors à la belle étoile. Bon ! A bientôt, les Bergers !

 

Cédric le Loup

Vittel, le 16 Septembre 1994

 

 

Chers Chasseurs,

 

Je suis la fameuse "Bête des Vosges" et j' écris pour vous dire qu' il ne faut pas me capturer ni me tuer, car je ne suis pas méchant. Je me suis échappé d' un certain endroit, loin d' ici et que je ne nommerai pas, sinon on saurait où me trouver, et j' ai fait tout le trajet de 600 kms en deux jours sans boire ni manger... Puis je suis arrivé ici, où je suis seul pour dévorer mes proies.

Avant, j' étais maigre, car tous les autres me "marchaient dessus" et je n' avais droit qu' à une petite part. Je m' excuse pour les propriétaires des victimes, je ne recommencerai plus.

A bientôt...

 

Le "Loup des Vosges"

 

Vittel, le 16 Septembre 1994

 

Chers Agents de l' ONF,

je ne comprends pas pourquoi vous voulez me tuer. Les poulains et les quelques moutons que j' ai égorgés ne servaient qu' à me nourrir. En ce moment, je suis traqué et j' ai très peur. Ce que vous ignorez peut-être, c'est que je ne retourne jamais vers les animaux que j' ai tués. C' est pour cela que je ne suis pas tombé dans vos pièges. Je ne me rendrai pas à vous, car j' ai la certitude que quelqu'un va me tuer. Contrairement à ce que vous pouvez penser, je suis très agile et très malin. J' ai trouvé refuge dans une cabane en mauvais état.

J' espère ne jamais vous rencontrer,

 

Thibault le Loup

Vittel, le 16 Septembre 1994

 

Cher Monsieur,

Vous ne me connaissez pas, parce que je suis une bête féroce, pourchassée par des agriculteurs et bien d'autres gens, pour leur avoir causé des dégâts en dévorant des moutons.

J' en ai assez de la campagne ; partout où je vais, on me traque. Alors, j' ai décidé de m' installer en ville. Là, au moins, les cachettes et les victimes ne manquent pas : je pourrai remplir tranquillement mon tableau de chasse.

Je vais vous confier un secret : tous ceux qui reçoivent mes lettres deviennent mes victimes. Je n' en ai encore "loupé" aucune...

Je vous remercie d' avoir lu ma lettre... Bonsoir !...et à bientôt.

 

Je soussigné le loup féroce, Mathias

 

Vittel, le 16 Septembre 1994

 

A M. le mouton Després,

Je ne sais pas si vous le savez, mais en ce moment, je rôde dans votre immense pré. En plus, pour ce midi, je n' ai rien à déjeuner ; or, sachant votre viande aussi succulente qu' un bifteck et votre fourrure aussi bonne qu' un lit de salade frisée, je me demande si vous ne pourriez pas faire l' objet de mon repas...

Je voudrais aussi vous prévenir que je suis très grande et très effrayante. J' ai des dents aussi pointues que les épines d' un rosier, mais dix fois plus grandes ; mes poils sont aussi noirs que les nuages quand il tonne et mes griffes aussi crochues que le nez d' une sorcière. Alors, M. le mouton Després, je vous conseille de faire bien attention, sinon vous me servirez de plat de résistance !

A bientôt !!!

La "louve des Vosges"

Vittel, le 16 Septembre 1994

 

Chers agriculteurs,

je vous envoie cette lettre pour vous dire que je ne veux absolument rien vous faire, à vous... Je tue vos bêtes pour me nourrir... C' est tout...Je vous demande alors de m'épargner et de ne pas me remettre en cage, sauf dans un zoo, avec d' autres loups ; là, des gens, des enfants surtout, pourront venir me voir. Je ne suis pas méchante, je vous le répète, je suis même inoffensive... La preuve, c'est que je n' ai rien fait au vidéaste, Serge Méroux... Si j'avais été vraiment enragée, je l' aurais attaqué et dévoré, n' est-ce-pas ? Bon, alors...

J' espère que vous me croirez et que vous tiendrez compte de ce que je vous ai écrit...

 

Merci

La "Bête des Vosges"


Vittel, 16 Septembre 1994

Chers Agriculteurs,

Bonjour ! Je me présente : je suis la "louve des Vosges"... Je vous envoie cette lettre pour vous prévenir que je vais ravager toutes vos terres et récoltes, mais aussi que j' ai l' intention d' inscrire à mon tableau de chasse un deuxième poulain et d' autres moutons. Ah ! Ah ! Ah ! Vous ne trouvez pas que c' est drôle ? Dites aux agents de l'ONF qu' ils se fatiguent pour rien, car ils ne m'attraperont pas. Je suis trop fort pour vous, avouez-le, mes chers... Ah! j' oubliais la bonne nouvelle : " j' attends un petit louveteau..." Alors prévoyez un poulain de plus...Et adressez mon bonjour à mes chers amis, les journalistes des DNA... Dire que vous voulez m' avoir avec des seringues hypodermiques... Vous rigolez ou quoi ? Je suis bien plus rapide que votre fusil !

Bon, je vais vous quitter...Alors, au revoir et bonne chasse !

 

Arnaud, Le loup.

 

 

 

 

Vittel, 16 septembre 1994

Chers habitants,

ce n' est pas la peine de poser vos pièges, je suis plus malin que vous ne le pensez... Je les éviterai tous, ainsi que tous les chasseurs. Je veux absolument que le Loup repeuple les Vosges...

Nous ne voulons plus être chassés ! Peut-être mange-t-on un peu beaucoup, mais ce n' est pas une raison pour nous traquer...Nous sommes d' accord pour être filmés : nous deviendrons ainsi plus célèbres... Mais pas question que l' on me tue : je suis "en voie de disparition" ! S' il vous plaît, lâchez des loups dans les Vosges et je vous promets qu' on ne mangera plus vos bêtes. Ce n' est pas ma faute si vos moutons se dévorent entre eux et si votre chien a avalé un poulain. Si vous voulez que je ne m' y mette pas à mon tour, posez des barrières électriques... , L' autre jour, je m' apprêtais à dévorer l' une de vos brebis lorsqu' un vautour est arrivé et a embarqué la proie. Si vous ne voulez pas que vos bêtes se fassent prendre, introduisez des loups dans les Vosges et je vous promets d' être plus gentil avec vos bêtes et vous.

Le Loup Benjamin

 

 

Senonges, le 19 / 09 / 94

 

Chers Agents de l' ONF,

J' en ai assez que vous me traquiez sans cesse : je veux ma liberté. Vous savez, ce n' est pas tous les jours qu' on peut aller en France ! D' ailleurs, je vais bientôt retourner au Canada.

Pour ma part, je trouve que c' est un peu bête d' avoir semé des pièges un peu partout : cela pollue l' environnement et c' est dangereux. Mais je m'amuse bien quand même ! Ces pièges mettent un peu d' action dans ma vie. C' est quand même moins banal que de rester au canada dans une réserve.

Je vous assure que, pour moi, la traversée en bateau a été difficile... Alors, je vous en prie, ne gâchez pas mon séjour dans les Vosges ! A propos de pièges, il y a aussi ces affreuses carabines à fléchettes qui endorment ! Je ne suis pas venu ici pour dormir, mais pour courir les bois et changer d' air ! Quant à votre dernier piège - la louve - ça ne marchera pas, car elle n' est pas belle et elle chante si mal ! Et en plus, moi, je préfère vivre en solitaire ; alors, vous pouvez la remballer, votre louve !

Excusez-moi encore pour la "nourriture", mais c' était vraiment trop bon !

Enfin j' ai un service à vous demander... Voilà : moi, je repars trois jours après l' ouverture de la chasse. Alors, il faudrait demander aux chasseurs de retarder la chasse jusqu' à Mercredi !

Louka RNASSIER, le Loup des Vosges

 

 

Vittel, 16 septembre 1994

 

Chers villageois,

Je suis désolé d' avoir tué vos moutons, mais il faut que je mange. Un poulain de moins, dix de retrouvés. Je ne vous veux aucun mal, alors que vous ne faites que me traquer à cause de ce poulain et de quelques moutons. Pour une fois je suis à l' aise: cette grande forêt toute à moi, c' est superbe. J' ai bien laissé la vie à l' homme qui, à deux reprises, m' a filmé : cela prouve que je ne vous veux aucun mal. Je me sens bien en votre compagnie, mais si vous voulez me tuer, alors, ce sera la guerre. Vous m' appelez le "Loup des Vosges" ou bien le "Loup masqué"... Soit. Mais au moins, vous vous intéressez un peu à moi. Je le sais, car, si vous le vouliez, vous m' auriez déjà tué. Vous avez bon coeur, je dois l' admettre... Alors quelques pauvres poulains, moutons, poules ou lapins en moins, qu' est-ce que c' est pour vous ?... Je vous promets de me calmer ces prochains temps ; faites donc de même.

Ah, j' allais oublier vos " pièges" : de toute façon, mon instinct me prévient du danger. Alors, c' est peine perdue...

Amicalement,

le "Loup des Vosges"


Cher journaliste,

vous qui vous occupez de l' affaire du Loup des Vosges, pourriez-vous indiquer à l' avance, dans votre journal, les prochains pièges que les lieutenants de louveterie veulent me tendre ? Pourriez-vous aussi me dire où et comment ils essaient de me traquer ?

Pourriez-vous encore dire aux agriculteurs que je suis désolé de manger leurs bêtes, mais il faut bien que je me nourrisse !... Si vous pouviez aussi leur demander d' arrêter de poser des pièges pour me tuer...

 

Faites également savoir aux chasseurs que je leur suis éternellement reconnaissant de ne pas chasser aux endroits où j' ai été repéré pour la dernière fois, afin d' éviter que l'on m'abatte d'un coup de fusil.

Enfin conseillez à tous ceux qui tentent de me tuer d'arrêter les frais...

Si vous pouviez me rendre ces quelques services, cela serait fort sympathique de votre part.

Le Loup Jean-Baptiste


Vittel, le 16 septembre 1994

 

Monsieur le Chasseur,

Certes, je suis un loup, il est vrai que je tue des volailles, des bestiaux, des moutons, mais pourquoi, d' après vous ?... Pour vivre : il faut tuer pour vivre... Je sais que les villageois s'acharnent contre moi, mais vous vous posez peut-être la question suivante : " pourquoi nos animaux et pas ceux de la forêt ?"

Eh bien ! je vais vous le dire : quand un loup chasse, il choisit toujours un endroit où se rassemblent tout plein de bêtes... Seulement, autant en profiter, puisque la nourriture est là, devant vous, prête à être mangée, il n' y a pas à hésiter. Sauf que, dans la forêt, les biches, par exemple, courent très vite et il n' y a pas de limite ni d' extrémité. La chair de vos agneaux est bien plus tendre !

 

La louve Emilie

PS : je recommencerai.

 

Vittel, le 16 septembre 1994

 

M. l' Agriculteur,

Je me présente : M. le Loup des Vosges. Comme qui dirait, je suis un animal qui essaie de se nourrir. Ce n' est pas facile tous les jours, avec les agents de l' ONF sans cesse collés derrière vous...c' est pénible... sans oublier les chasseurs qui vous tirent dessus et vous-mêmes, les agriculteurs, qui râlez dès qu' on vous mange un mouton. Le matin, quand on ouvre le Journal, on lit :

"Le Loup des Vosges a encore mangé un mouton !" et patati, et patata...!

Vous savez, quand M. Mérour m' a filmé, je m' étais fait beau pour passer à la télévision... Si j' avais voulu être méchant, j'aurais montré les crocs, et là il aurait eu peur... Donc, vous voyez bien que je suis gentil !...

Alors, si vous pouviez dire aux chasseurs d' arrêter de me tirer dessus et si vous me donniez un petit quelque chose, juste un ou deux moutons...

Le Loup Emmanuel

 

Vittel, le 16 septembre 1994

 

Chère prochaine victime,

j' ai lu les DNA et je sais qu' "ils" veulent me piéger avec l'agneau que je n' ai pas fini de manger. Je sais aussi que les agents de l'ONF me traquent. Ce n' est pas la peine de te cacher, je n' ai pas peur des hommes. . Je pense que je vais te manger dimanche à midi...Alors, nourris-toi bien, parce que j' ai faim. J' aurais pu choisir un mouton, mais, pour changer, j' ai préféré te choisir, car vous, les coqs, vous êtes plus savoureux. Je vais aussi prendre un lapin, mais ce sera pour lundi.

La semaine prochaine, j' irai en Alsace pour manger des raisins...

D' ailleurs, si je reste ici, les gens vont m' attraper. Bien sûr, je pars avec des provisions : des poules, des canards, des agneaux... Ne tombe pas malade, et prépare-toi à finir dans mon assiette...Remercie Serge Mérour, parce que c' est super de passer à la télé

Christopher, le "loup des Vosges".

PS : apporte du sel et de la moutarde

re-PS : je ne suis pas une louve...

 

 

Vittel, le 16 septembre 1994

 

Mes chers ennemis les Chasseurs,

sachez que je suis le "Loup des Vosges" et je vous écris de mon territoire "La Forêt". Je sais que vous voulez me capturer mort ou vif, car je tue quelques bêtes. Mais si j' assassine, ce n'est que pour manger. Vous savez que les loups sont en voie de disparition et, pour cela, veuillez me laisser vivre en paix. Je peux vous assurer que si vous pouvez me nourrir normalement, je vais tout faire pour racheter mes crimes. Comprenez bien, il ne reste qu'un loup dans les Vosges : MOI !

Si vous me faites confiance, je peux même me rendre utile pour vous... Vous persistez à vouloir m' attraper, mais ma ruse est trop importante. Faites attention : si vous m' attaquez, je peux devenir très méchant, mais cela me ferait mal au coeur...

Sincères Amitiés et Prière de bien vouloir me comprendre :

Cédric, " Le Loup des Vosges"

 

 


Vittel, le 16 septembre 1994

 

Messieurs les Journalistes,

Je vous prie de bien vouloir arrêter de raconter des salades à propos de moi, "Loup des Vosges", et au sujet de tout le reste. J'aimerais bien que vous corrigiez ces erreurs et que vous écriviez, à l' avenir, des choses vraies et intelligentes pour que les loups ne gardent pas cette réputation que vous leur avez donnée en écrivant des choses qui ne sont pas vraies ou sont exagérées. Mais je vous prie de ne pas prendre cette demande à la légère, car je trouve horrible ce que vous faites. Je vous saurai gré d' arrêter car vous n' êtes pas sur la bonne voie, et si c' est pour vous rendre intéressant ou pour le plaisir de raconter des bêtises, à votre place, j' arrêterais le métier de journaliste.

Si vous voulez que je ne mange plus les moutons, alors arrêtez de vouloir me capturer et donnez-moi de la nourriture non-piégée, car il faut bien que je m' alimente. Vous aussi, il faut bien que vous mangiez !

Je vous prie de bien vouloir accepter mes salutations les plus amicales...Merci !

Benoît le Loup

PS Répondez à cette adresse : 11, rue du Champ Fleuri

67960 ENTZHEIM

 

Vittel, le 16 septembre 1994

 

Cher Compagnon, mon mari,

Je me trouve en ce moment dans une minuscule forêt, située près de ces gredins d' hommes qui m' empoisonnent la vie. Je suis obligée de me réfugier dans un trou jour et nuit !... J'aimerais me trouver en ce moment dans notre forêt natale, immense et délicieuse, là-bas en Suède !... Je suis affamée. Je ne mange que quelques moutons, des poulains, des lapins et j' ai dévoré deux vaches... Je suis tellement affamée que je dois grignoter des fruits, tu as bien entendu : des fruits !... Mûres, framboises...etc... Je me demande si je ne vais pas croquer en une seconde un Humain, car dès que j' aperçois un de ces barbares, j' en ai l'eau à la bouche !...A ma place, que ferais-tu ? Et puis figure-toi que ces ogres veulent me capturer ! Et puis ici, je suis la seule louve... Pas un seul autre animal, à part ces moutons ! Je suis sûr que tu ne me crois pas !

Surtout, dans cette forêt minable, je meurs de chaud ! Ma fourrure me brûle la peau !... Et ces gros humains m' accusent de tuer leurs bêtes... Oh, pour trois ou quatre bêtes, ils ne vont pas en faire un drame ! Mais cela ne se passera pas comme ça, je te le promets ! Au fil des jours, je dévorerai un de ces monstres, surtout un de ces répugnants chasseurs qui me gâchent tellement l' existence ! Ecris-moi vite et donne-moi ton avis...

 

Ta Louve Mathilde qui ne se laissera pas faire !!

 

 

Vittel, le 16 septembre 1994

 

Chers Journalistes,

J' en ai assez qu' on me pourchasse sans relâche, jour et nuit. On tend des pièges, on veut me tirer dessus avec des fléchettes, et tout ça parce que j' ai mangé un tout petit poulain et quelques maigres moutons où l' on ne trouve que de la laine. En plus, avec tous ces pièges, je n' ai pas un instant de repos... Je dois courir dans tous les sens pour ne pas me faire attraper, car je me demande ce que l' on me ferait subir, si c' était le cas. J' ai dû partir précipitamment lorsque je dormais tranquillement au soleil. Je me demande ce que doivent penser de cette histoire les Louveteaux, petits frères des Scouts... Il est aussi très étonnant d' apprendre par les journaux tous les dispositifs engagés dans cette affaire pour me capturer... A propos, je voudrais renouveler mon abonnement aux DNA... Cela peut toujours être utile d' être bien renseigné !

A bientôt,

un fidèle lecteur, Mathieu, le Loup des Vosges...

 

PS : dites aux autres d' arrêter de me courir après... Ils perdent leur temps.

 

 

Vittel, le 16 septembre 1994

 

Chers Agriculteurs, chers Chasseurs,

Tout d' abord, bonjour !... Mais passons à ce que j' ai à vous dire.

Vous m' en voulez, vous, les agriculteurs, car je prends vos poules, mais c' est à cause des chasseurs qui, eux, me prennent mon gibier... Et quand je n' ai plus rien à consommer et quil n'y a pas de fermes dans les environs, je suis obligé de chasser les insectes et les petits rongeurs. Mais s' il y a une habitation près de là où je vis, je veux bien manger quelques poules ou même un homme ou deux, car je n' ai rien avalé depuis des lustres.

Et puis rien n' est fautif chez moi...Par exemple, je mange les animaux qui sont malades et ainsi, quand j' attrape une biche atteinte d' une maladie, les chasseurs qui la tueront ne seront pas obligés de "déguster" une biche malade, au dîner !... Quand il y a trop de cerfs, de lapins...etc... je les déguste..Ainsi, il n'y a pas de surpeuplement dans la forêt.

Alors, s' il vous plaît, laissez-moi vivre dans les forêts, laissez-moi du gibier et surtout ne m' enfermez-pas dans un zoo !...

Le Loup Popaul

 

Vittel, le 16 septembre 1994

 

Chère Maman,

je suis bien arrivée, je me plais bien, la nourriture a l' air excellente ! Le matin, je me réveille à l' aube pour manger et chasser le gibier. Quand j' en ai trouvé, je rentre dans ma tanière pour le déguster tranquillement et bien au chaud. Les pièges ne manquent pas ! Je bois de l' eau dans les baignoires des vaches. Ensuite, quand il fait froid, petit footing du matin.

L' après-midi, ici, c' est intenable. Lorsque j'ai faim, je vais quand même à la chasse ... Au menu : moutons, lièvres, poulain..

Pour digérer cela et se dégourdir les pattes, rien ne vaut une bonne marche à "pied", suivie d' une bonne sieste, dans ma tanière bien douillette. Au fait ! Je ne suis pas prête d' oublier mon séjour dans les Vosges. Pour l' instant, je cherche des amis, mais les gens, par ici, ont assez peur de moi. Aujourd' hui un "vidéaste" m' a filmée quand je courais après un lièvre.

Ah ! j' oubliais de te dire que je resterai certainement un peu plus longtemps que prévu. Des agents de l' ONF veulent me capturer pour je ne sais trop quelle raison... Mais, mère, ne t'inquiète pas, je suis discrète...

Je pense que tout va bien chez vous et que mon frère ne fait pas trop de bêtises. Bon, je vais te laisser, j' ai faim et je ne vais pas écrire un roman.

Gros bisous à tous.

Anne, ta louve préférée

 

Vittel, le 16 septembre 1994

 

Messieurs les Agents de l' ONF,

Moi, le "Loup des Vosges", je vous envoie cette lettre pour vous demander pourquoi vous voulez m' exterminer... Il faut bien que je me nourrisse d' animaux, puisque je suis carnivore et, de plus, je suis membre d' une espèce en voie de disparition ! Je fais beaucoup moins de dégâts que les automobiles... A propos, dans mon modeste terrier, je regardais, un soir, la télévision, quand je suis tombé sur un documentaire, programmé par Canal-Satellite ( car je suis abonné à cette chaîne ) et ce film parlait des jeunes qui avaient "trafiqué" une voiture roulant au colza : voilà ce qu' il faudrait faire de nos jours, car il y a trop de pollution... J' en sais quelque chose...

Au revoir et à bientôt,

Antoine, le loup des Vosges

 

 

Vittel, le 16 septembre 1994

 

Cher M. le Maire,

je me promène depuis plusieurs semaines dans la forêt, mais savez-vous qui je vais tuer ? Eh bien, je vais vous le dire, mais ne le répétez pas, sinon ce sera vous, ma prochaine victime : c'est le gros, beau, appétissant chien de M. Mérour... vous savez, celui qui m' a filmé.

Ceci dit, je voudrais savoir où est mon mari. Je le cherche partout depuis au moins deux ans, mais je ne le trouve pas.

Vous ne pourriez pas, s' il vous plaît, m' aménager un petit territoire avec, bien sûr, beaucoup de nourriture ? Vous devez vous en douter...

Justement, dans mon territoire, j' aimerais avoir des troupeaux de moutons, j' adore ça. Ah, pour mon mari, je crois me rappeler où il est : il doit traîner au Canada. Je pense que je vais le rejoindre. Peut-être à bientôt.

Recevez mes sentiments les plus dévoués,

Madame la Louve

PS : n' oubliez pas pour les moutons, sinon gare à vous !

 

Vittel, le 16 septembre 1994

Cher mouton,

j' ai appris, en lisant la Gazette des Vosges, qu'un troupeau debrebis passera bientôt non loin de ma tanière.Chers maris de vos femmes, je vous conseille de garder vos brebis bien au chaud dans votre bergerie, car, dérangé et averti par leurs bêlements, je m' approcherai et ne ferai qu' une bouchée de vos chères et tendres épouses. Rappelez-vous l'histoire du poulain que l' on a retrouvé égorgé : c' était moi... Toutes les carcasses de lapins et autres vermines, c'était encore moi ! La "Bête du Gévaudan" aussi, c' était moi, vu qu' un loup ne peut mourir que s' il est frappé d'une balle ou atteint d' un coup d' épée bien asséné... Moi, j'ai eu de la chance tout au long de ma vie, mais vous, prenez garde, car le Loup rôde...

Marc, le "Loup des Vosges"


Vittel, le 16 septembre 1994

Bonjour, je suis le Loup des Vosges Lorraines. Serge Mérour est mon ami. Il me connaît de A à Z. Il suit tous mes déplacements, mais je ne l' ai jamais rencontré. Au fait, je voudrais bien ne plus voir de caméra, ni de camescope, appareil photo et autres jumelles... Savez-vous comment je sais que vous voulez m'attraper par "piégeage" ou par "fléchage" ? Tout simplement en lisant les DNA. Je peux même vous dire que vous avez fait appel à l' Office National des Forêts et qu' ils sont sous l' autorité d' un lieutenant de louveterie. Vous voulez que je vous dise quelque chose ? Arrêtez de m' embêter !... Et veuillez rappeler au Ministère de l' Environnement que je suis en voie de disparition !!!... que j' ai besoin de quelques ovins et encore d'0un poulain. Ah, oui ! J' oubliais de vous annoncer que mes prochaines victimes seront : M. et Mme GUTLER .

Jean-Philippe le Loup

 

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