Le tambour est un
cercle. Il bat comme un coeur.
La rotondité du tambour symbolise l'unité
indéfectible du passé, du présent et de
l'avenir, et ses battements évoquent les rythmes de la nature,
de l'univers, de la vie...rythmes auxquels font écho les voix
des chanteurs, des conteurs et des écrivains. L'aspect
spectaculaire a toujours eu une place prépondérante
dans l'expression des autochtones d'Amérique du Nord, et la
musique et la danse ont connu, ces dernières années,
une extraordinaire renaissance qui puise, bien évidemment,
dans les diverses cultures tribales, mais s'inspire aussi de
thèmes panindiens. Beaucoup de chants et de danses sont
intertribaux et constituent la base du répertoire de
l'American Indian Dance
Theater.
Les traditions orales des
Indiens et
des Inuit
comprennent une grande variété de genres, du simple
conte moralisateur au morceau de bravoure oratoire, et le contact
avec des cultures différentes, la création d'alphabets
dans plusieurs langues vernaculaires ont offert aux autochtones
d'Amérique du Nord de nouvelles possibilités
d'expression.
Conserver le souvenir
Les autochtones d'Amérique du Nord ne
connaissant pas l'écriture, leurs traditions étaient
transmises oralement par des conteurs qui utilisaient des moyens
mnémotechniques pour parvenir à retenir, au
détail près, des récits parfois longs et
complexes. Mais les Indiens avaient malgré tout des moyens
"d'archivage".
Ceux des Plaines possédaient des annales peintes
sur des peaux de bison spécialement traitées pour cet
usage. Chaque hiver, ils ajoutaient un dessin, réaliste ou
symbolique, représentant l'événement le plus
marquant de l'année, aux yeux des membres de la
communauté.
Dans le Nord-Est, les "ceintures de wampum", faites de perles en
coquillage assemblées de manière à former des
dessins, gardaient la trace des événements les plus
importants - comme la fondation de la Confédération des Cinq Nations
iroquoises et les traités passés avec les Blancs
- mais le gardien des "wampums"
devait mémoriser les circonstances précises et les
détails desdits événements.
Le conteur
Le conteur a toujours été
un membre éminent des sociétés indiennes et
inuit. Souvent, son public était tenu de lui faire des cadeaux
en échange de son récit : tabac, viande ou autre
nourriture.
Chez les Maidus ( Californie ), les
auditeurs devaient s'allonger sur le dos afin d'être plus
attentifs. Les conteurs Cheyennes devaient commencer
par aplanir le sol et par se brosser avec leurs mains. Parfois, des
chants et des prières, dans une langue inconnue de
l'auditoire, précédaient le récit proprement
dit.
Le récit commençait par
une formule toute faite, du genre "Il
était une fois...". Les
Sénécas
préféraient : "Lorsque le
monde était tout nouveau...", et
les Zunis :"A présent, nous allons
parler de..."
Chaque conteur avait sa propre
méthode. Certains préféraient demeurer assis, se
contentant de jouer des inflexions de leur voix ; d'autres
interprétaient tous les rôles, transformant leur voix et
mimant les diverses actions...
Documentation :
Larry J.
Zimmermann LES INDIENS D'AMERIQUE DU NORD,
Sagesses du monde 2002
Evergreen
M. ILINE et E.
SEGAL Comment l'homme est devenu un
géant, Editions en
langues étrangères, Moscou 1939
SUITE du week-end chez les Peaux-Rouges
Du côté des Visages pâles : EN FAMILLE D'ACCUEIL
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